Lifecycle Initiative Toolkit

Plan d’action d’Abou Dhabi sur l’éducation pour lutter contre l’extrémisme violent

Une série de réunions d’experts, ateliers, conférences et recherches organisés par le GCTF, Hedayah et divers autres partenaires ont réuni des éducateurs, experts, praticiens et décideurs politiques pour partager leurs expériences et acquérir une meilleure compréhension de l’éducation pour la lutte contre l’extrémisme violent. Ces manifestations ont également permis de préparer et élaborer le Mémorandum d’Abou Dhabi sur les bonnes pratiques en matière d’éducation pour lutter contre l’extrémisme violent, adopté en septembre 2014 lors de la cinquième réunion ministérielle du GCTF à New York. La thématique de l’éducation et de la lutte contre l’extrémisme violent était également inscrite au programme du Sommet de la Maison-Blanche sur la lutte contre l’extrémisme violent en février 2015. Une première liste de mesures recommandées a été dressée dans le cadre du programme de mesures de suivi adopté après le sommet. En outre, le Réseau de sensibilisation à la radicalisation de l’Union européenne (RSR), et plus précisément le groupe de travail RAN PREVENT, a rédigé un manifeste intitulé « Empowering Educators and Schools » (Responsabiliser les éducateurs et les écoles). Il décline des principes à destination des ministères de l’Éducation qui investissent dans la lutte contre l’extrémisme violent dans le contexte européen, adoptés en mars 2015 par les ministres de l’Éducation de l’Union européenne. S’appuyant sur ces travaux multilatéraux et la littérature existante sur l’éducation et la lutte contre l’extrémisme violent, ce plan d’action non contraignant pour l’éducation et la lutte contre l’extrémisme violent fournit une liste indicative de mesures de promotion et de mise en oeuvre des bonnes pratiques définies par le Mémorandum d’Abou Dhabi.1
 


1. Ce Plan d’action a été développé pour le GCTF avec le précieux appui d’Hedayah.

Sector: Civil Society, Communautés, Familles, Université,
Thème: Les femmes et la lutte contre l'extrémisme violent, Les familles et la lutte contre l'extrémisme violent , Justice juvénile, Réadaptation et réinsertion,
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Bonnes pratiques

I. Programmes et politiques généraux

  • Soutenir les efforts de partage et de diffusion des bonnes pratiques définies par le Mémorandum d’Abou Dhabi au niveau mondial et appliquer les bonnes pratiques à différents niveaux et dans différents secteurs.
  • Concevoir, élaborer et mettre en oeuvre des projets pilotes à partir des bonnes pratiques décrites dans le Mémorandum d’Abou Dhabi en collaboration avec les initiatives existantes menées par Hedayah, le GCERF et le RSR.
  • Commander et mener des projets de recherche à l’aide d’outils d’évaluation et de données pertinents permettant d’identifier les réussites et échecs des programmes existants intégrant l’éducation et la lutte contre l’extrémisme violent.
  • Vérifier que les programmes et politiques promus par le présent plan d’action sont conçus et mis en oeuvre en conformité totale avec les obligations des États à l’égard du droit international, et notamment le droit international des droits de l’homme.

Les initiatives en cours sont les suivantes :

Hedayah

« Formation à la lutte contre l’extrémisme violent et à l’éducation » — En collaboration avec le United States Institute of Peace (USIP), Hedayah a développé une série de trois formations sur la lutte contre l’extrémisme violent et l’éducation à destination des représentants des gouvernements, des organisations non gouvernementales (ONG) et des groupes communautaires qui travaillent dans le secteur de l’éducation. Ces cours peuvent être dispensés plusieurs fois avec un financement supplémentaire.

 

Union européenne

« Tenir des conversations difficiles » — Le groupe de travail RAN PREVENT du Réseau de sensibilisation à la radicalisation de l’Union européenne (RSR) a animé plusieurs ateliers avec des éducateurs sur la thématique de la lutte contre l’extrémisme violent. Ces séances de discussion ont permis d’identifier les principales difficultés éprouvées par les enseignants face à la menace, les méthodes et bonnes pratiques permettant aux enseignants de tenir des conversations difficiles à propos de la radicalisation avec des étudiants/jeunes gens, et de trouver des solutions politiques possibles aux obstacles spécifiques que rencontrent les éducateurs.

II. Initiatives pédagogiques

  • Mettre en exergue un mode d’apprentissage actif, avec notamment des simulations et jeux, afin de développer un esprit critique, promouvoir l’éducation civique, la responsabilité civique et les valeurs humaines.
  • Intégrer les valeurs de l’éducation et de la responsabilité civiques dans les matières populaires telles que les mathématiques, les sciences, l’ingénierie et la médecine, lorsque cela est approprié, dans les écoles publiques et privées, confessionnelles et laïques, afin d’offrir aux étudiants une application pratique de ces valeurs.
  • Développer des programmes de formation professionnelle dans des régions où le recrutement en vue de l’extrémisme violent est favorisé par le chômage et l’absence d’opportunités financières.

 

Les initiatives en cours sont les suivantes :

Kenya, Royaume-Uni (Institut de recherche – Complexité intégrative)

« Complexité intégrative » — Les éducateurs travaillent avec des neuroscientifiques et des psychologues pour concevoir des exercices interactifs et des programmes visant à sortir du manichéisme. Les premières données montrent que le modèle de la complexité intégrative aide les étudiants à davantage considérer la validité de plusieurs points de vue contradictoires.
 

Pakistan (Sabaoon/« Nouveau jour »)

« Déradicalisation des jeunes » — Ce programme de déradicalisation dans la vallée de Swat vise à réhabiliter d’anciens combattants talibans et jeunes recrues de 12 à 18 ans dans le contexte de l’école. Le centre entend offrir l’accès à une éducation de qualité et des équipements sportifs à ces jeunes adolescents pour leur donner une seconde chance. Il se concentre sur le traitement des effets physiques et psychologiques des expériences traumatisantes, prévoit des conférences réfutant la doctrine des groupes extrémistes, une aide psychologique et des exercices d’encouragement de l’estime de soi, et offre une éducation à l’hygiène personnelle, la santé et l’éthique, ainsi qu’une formation professionnelle.
 

Royaume-Uni (Tony Blair Faith Foundation)

« Éducation dans les camps de réfugiés » — Ce programme propose une éducation de qualité aux communautés de réfugiés, notamment les personnes déplacées d’Irak et de Syrie. Le programme encourage une éducation civique appropriée, utilise un modèle d’apprentissage appliqué et met en avant l’aptitude à l’esprit critique.

III. Initiatives institutionnelles

Écoles et institutions d’enseignement supérieur

  • Coordonner la formation à la communication en ouvrant des possibilités de dialogue et de discussion dans un contexte scolaire sur de grandes thématiques autour de l’extrémisme violent.
  • Travailler dans les écoles et collaborer avec les éducateurs pour identifier les étudiants engagés sur la voie de l’extrémisme violent et intervenir, sans jamais perdre de vue l’intérêt supérieur de l’élève dans la conception du programme.
  • Encourager les programmes d’apprentissage accéléré pour contrer le décrochage scolaire dans les pays où il représente un moteur important de radicalisation et de recrutement.
  • Faciliter les plateformes encourageant la collaboration entre les écoles et les entreprises du secteur privé pour insérer les jeunes diplômés sur le marché du travail, que ce soit au niveau secondaire ou au niveau supérieur.
  • Former les étudiants et les enseignants à une utilisation sécurisée et efficace d’Internet ; et intégrer les stratégies de contre-discours dans ce type de formation.
  • Faciliter les initiatives créant des espaces sécurisés dédiés au traitement des plaintes, notamment au niveau universitaire.

Les initiatives en cours sont les suivantes :

Afrique du Sud (Gouvernement et ONG – Valued Citizens Initiative)

« Open Dialogues in Schools » — Ce partenariat entre le ministère de l’Éducation de la province du Gauteng et une ONG crée des plateformes interactives dans les écoles pour promouvoir les valeurs constitutionnelles et encourager les jeunes à répondre aux défis actuels. Le programme Open Dialogues renforce également les compétences des apprenants en matière de communication et d’esprit critique en animant des débats et discussions constructifs entre les participants dans un espace sécurisé.

 

Royaume-Uni (Enseignement universitaire – Bradford College)

« Espaces sécurisés » — Cette institution universitaire a développé une communauté universitaire inclusive qui a adopté des pratiques d’identification précoce de vulnérabilité chez les étudiants, et qui a créé des espaces sécurisés permettant de discuter et débattre de sujets sensibles.

 

Pouvoirs publics

  • Former les responsables étatiques (ministères de l’Éducation, de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et des Religions) aux fondamentaux de la lutte contre l’extrémisme violent, comme la sensibilisation en général, la terminologie, et leur rôle potentiel dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent.
  • Informer les ministères concernés des plans et stratégies d’intervention appropriés.
  • Former les enseignants à gérer leurs propres préjugés et/ou tendances comportementales susceptibles d’orienter les étudiants sur la voie de la radicalisation et du recrutement au moyen de compétences en matière de communication et de la formation à la résilience.
  • Offrir aux enseignants un véritable savoir relatif à l’extrémisme violent dans leur propre contexte, et aux facteurs incitatifs et attractifs qui mènent à la radicalisation et au recrutement.
  • Institutionnaliser les normes de qualité pour l’enseignement dans tous les types d’écoles (y compris les institutions religieuses).

Les initiatives en cours sont les suivantes :

Colombie : (ONG – Convivencia Productiva)

« Aulas para la Paz » – Avec le soutien du ministère de l’Éducation et de la Coopération internationale, ce projet à composantes multiples entend prévenir les actes d’agression et encourager une coexistence pacifique grâce au développement des compétences citoyennes chez les enfants et les jeunes. Ce programme comprend la formation d’enseignants, volontaires et tuteurs ; des actions en classe pour améliorer les compétences citoyennes ; des ateliers permettant aux enfants manifestant des comportements agressifs d’interagir avec leurs camarades plus positifs ; et des ateliers en famille pour les enfants manifestant des comportements agressifs. Le programme Aulas para la Paz a été mis en place dans 46 écoles de Colombie et s’est exporté à Monterrey, au Mexique.

 

Grèce (ONG – Processwork Hub)

« Teachers Empowered » — Ce programme de formation et de sensibilisation à destination des enseignants vise à améliorer leur conscience de soi, à renforcer leurs compétences en matière de gestion de la critique, à développer des capacités d’animation de débats autour de sujets sensibles, et à comprendre et gérer leurs propres préjugés.

 

Norvège

« Dembra (Préparation démocratique à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme) » — Avec le soutien de la Direction norvégienne de l’éducation et de la formation, ce programme forme les enseignants et les équipes de direction des écoles secondaires à prévenir l’antisémitisme, le racisme et les attitudes non démocratiques à l’école.

Le programme propose trois séminaires sur le cadre conceptuel, théorique et historique de ces idéologies combinés à des exercices pratiques qui encouragent l’apprentissage au sein et en dehors de la classe.

Chaque équipe pédagogique conçoit son propre projet, adapté au contexte local, mis en oeuvre avec le soutien de mentors et de formateurs expérimentés.

 

Nigéria

« Écoles almajiri » — Inaugurées en 2012, ces institutions d’enseignement islamique financées par l’État visent à améliorer les compétences pédagogiques des enseignants, proposent de meilleurs supports et équipements pédagogiques et offrent une formation professionnalisante parallèlement à l’enseignement religieux dans les écoles almajiri. Ces écoles ont été construites dans des zones précédemment non réglementées du Nigéria.

 

Somalie (ONG – Somaliland Youth Development Organization [SOYDAVO])

« Atelier de formation au renforcement des capacités pour enseignants » — Ce programme, en partenariat avec le ministère somalien de l’Éducation, vise à renforcer les capacités des enseignants du district de Burao afin d’identifier les causes de la violence à l’école et d’élaborer des stratégies de prévention pour enrayer la violence en milieu scolaire.

 

Suède (ONG – Expo)

« Projet Tolérance » — Ce projet lutte contre l’intolérance et le racisme en proposant aux enseignants les connaissances, recherches et informations sur l’idéologie nazie et l’extrémisme de droite en Suède. Il s’adresse à des enseignants qui travaillent avec des élèves de 14 à 16 ans. La formation comprend un volet historique sur les groupes d’extrême droite en Suède ainsi qu’un réseau de ressources sur les tendances actuelles et la propagande qu’appliquent ces groupes.

 

Médias et technologies

  • Appuyer les outils et médias existants, et développer de nouveaux outils et médias (jeux, programmes audiovisuels, médias sociaux, etc.) pour renforcer l’apprentissage en classe, de manière ludique et interactive.

Les initiatives en cours sont les suivantes :

Moyen-Orient et Asie du Sud (Secteur privé – Divers)

« Cartoons » — Dans un cadre pédagogique formel, les dessins animés et bandes dessinées renforcent les connaissances acquises dans un environnement formel : tolérance, diversité, coopération et coexistence. Ils peuvent à ce titre être utilisés pour compléter le travail en classe. Ils permettent également de contrer les discours extrémistes violents et peuvent servir de base à des échanges dans un cadre pédagogique. Parmi ces bandes dessinées et dessins animés, l’un met l’accent sur l’importance de l’éducation des filles et l’accès à la vaccination contre la polio au Pakistan. Un autre crée un super héros faisant figure de modèle pour les jeunes garçons en Jordanie. 

 

Secteur privé

  • Cibler la responsabilité sociale des entreprises dans le secteur privé et inclure le secteur privé dans le dialogue sur la lutte contre l’extrémisme violent et l’éducation.
  • Impliquer des entreprises du secteur privé intéressées par le secteur de l’enseignement pour aider à concevoir des programmes et services adaptés à la lutte contre l’extrémisme violent.

Les initiatives en cours sont les suivantes :

Émirats Arabes Unis (Privé – KnowledgeWorkxED)

« Global Leadership Track » — Cette entreprise privée développe des programmes pédagogiques spécialisés pour renforcer les compétences en matière de leadership, améliorer l’intelligence interculturelle et les aptitudes des étudiants à s’orienter dans des situations complexes, et améliorer la connaissance de soi et des différentes visions du monde.

 

Royaume-Uni (Privé – Digital Disruption)

« Ressources numériques pour les jeunes » — Cette entreprise du secteur privé développe des ressources numériques à destination des animateurs travaillant avec des jeunes pour améliorer leur culture numérique. Ces ressources sont disponibles en ligne gratuitement (www.digitaldisruption.co.uk), et l’entreprise propose des formations pour les jeunes et les animateurs sur le décodage des messages et des contenus sur Internet.

 

États-Unis (Privé – Microsoft)

« YouthSpark » — À l’échelle internationale, ce programme renforce les capacités des jeunes sans emploi en améliorant leurs compétences en informatique et en programmation et en fournissant une plateforme en ligne pour vendre leurs talents aux entreprises à la recherche de stagiaires et de nouvelles recrues.

 

Initiatives familiales et communautaires

  • Former et responsabiliser les jeunes pour qu’ils deviennent des mentors exerçant une influence positive sur leurs camarades d’école dans des zones de radicalisation et de recrutement.
  • Impliquer les jeunes et les étudiants dans le développement de programmes de lutte contre l’extrémisme violent et d’éducation grâce à des séances de débat et de rencontre au sein de groupes d’étudiants déjà existants.
  • Faciliter les interactions entre les élèves et des modèles positifs au sein de la communauté dans des cadres pédagogiques formels et informels.
  • Élaborer des programmes formels et informels pour éduquer les parents et les familles à la lutte contre l’extrémisme violent, notamment sur la détection précoce des signes d’extrémisme violent.
  • Créer des campagnes publiques de sensibilisation pour éduquer la population à la manière dont l’extrémisme violent affecte la vie quotidienne, avec un appel à la mobilisation.
  • Travailler avec les chefs religieux, le cas échéant, sur la lutte contre l’extrémisme violent et l’éducation dans les écoles religieuses.

Les initiatives en cours sont les suivantes :

Indonésie (ONG – Aliansi Indonesia Damai [AIDA] : bebas dari kekerasan ekstremis/Alliance pour une Indonésie pacifique : Libérée de la violence extrémiste)

« Une équipe d’ambassadeurs de la paix » — Cette organisation d’aide aux victimes du terrorisme a constitué des équipes d’aide sociale composées d’une victime du terrorisme, d’un ancien extrémiste violent et d’une autorité religieuse. Ces équipes ont piloté plusieurs projets dans des écoles et communautés en ciblant les élèves de 16 à 18 ans. La victime du terrorisme et l’ancien extrémiste violent racontent leur histoire, avant une séance de questions-réponses. Le chef religieux fait autorité sur les questions relatives à l’idéologie et la foi, et la victime et l’ancien extrémiste alertent sur les conséquences de l’extrémisme violent.

 

Allemagne (ONG – Cultures Interactive)

« Déradicalisation d’extrême droite » — L’organisation utilise une approche de la déradicalisation autour des « compétences justes » qui associe des ateliers culturels sur l’éducation civique destinés aux jeunes à des interventions de déradicalisation, à la formation à la lutte contre les préjugés et à la démocratie, à la formation psychologique et à la conscience de soi afin de prévenir la radicalisation d’extrême droite à Berlin et dans des villes rurales de l’est de l’Allemagne.

 

Nations Unies (Alliance des civilisations)

« Université d’été » — Les universités d’été de l’Alliance des civilisations (AoC) entendent améliorer la compréhension interculturelle et la coopération entre les pays. Des universités d’été ont été organisées au Portugal, à Malte et aux États-Unis, avec des participants venus de plus de 90 pays. Le programme comprend des conférences, ateliers, jeux de rôle, visites et activités sociales visant à renforcer les capacités des jeunes leaders à améliorer la coopération internationale et à mettre en lumière les intérêts partagés.

 

Royaume-Uni (Fondation – Tim Parry Johnathan Ball Foundation for Peace)

« Think Project » — Ce centre pour la paix organise des programmes qui utilisent des jeux et jeux de rôle visant à développer des compétences en matière de réduction des conflits intercommunautaires et de résilience face à la menace de radicalisation des jeunes de 14 à 19 ans. Le Think Project comprend des séances d’introduction dans des écoles britanniques ainsi que des cours de suivi (de 3 jours) au Centre pour la paix.

 

Nigéria (ONG – Search for Common Ground)

« Éducation et information libre à Zinder » — Grâce à des forums informels, ce programme introduit l’éducation civique auprès de jeunes âgés de 15 à 35 ans dans le nord du Nigéria. Les participants au programme ont couvert trois grandes thématiques : 1) les rôles et responsabilités des jeunes dans la constitution des futures communautés ; 2) les ressources publiques et droits des citoyens ; et 3) les compétences en gestion non violente des conflits. Les stagiaires ont ensuite organisé une série de 21 forums de jeunes pour partager ces connaissances avec leurs pairs.

 

Nigéria (ONG – Tolerance Academy)

« Champions of the Society » —Ce programme de formation encourage la tolérance culturelle et religieuse grâce à un programme de 30 jours pendant l’été pour les jeunes leaders. Les participants viennent de villages et d’États de tout le Nigéria.

Au terme de la formation, les participants effectuent des stages de deux semaines dans des églises et mosquées pour créer des opportunités d’apprentissage interculturel et interconfessionnel.

 

Nigéria

« Creative Curriculum Project (CCP) » – Cette initiative nigériane de lutte contre l’extrémisme violent encourage la créativité dans la résolution de problèmes, ainsi que la tolérance et l’empathie à l’école primaire. Le projet vise à exposer les élèves de primaire à des idées et opportunités qui enrichiront leur confiance en soi et leur permettront de dépasser les discours qui divisent la communauté. Le CCP est axé sur plusieurs domaines : offrir aux jeunes la possibilité de contrer les idéologies et discours extrémistes grâce à des programmes et activités éducatifs conçus pour ouvrir aux jeunes Nigérians une plateforme d’esprit critique. Grâce à ces programmes, les élèves identifient et rejettent davantage les points de vue extrémistes et autres idéologies faisant l’apologie de la violence.

 

Europe (ONG – Arktos, Belgique)

« BOUNCE Resilience Training » - Ce programme de formation a été développé pour proposer une préparation physique et psychologique aux jeunes vulnérables afin de renforcer leur résilience face à la radicalisation. Le projet a développé trois séries d’outils testés en Belgique et aux Pays-Bas. Les trois principaux modules sont :

  1. BOUNCE young, outil de formation pour les jeunes ;
  2. BOUNCE along, outil de formation pour adultes ; et
  3. BOUNCE up, outil de formation pour formateurs.

Ces outils sont disponibles en ligne gratuitement (http://www.bounce-resilience-tools.eu/fr), mais il est conseillé aux animateurs, avant d’utiliser les programmes de formation, de suivre eux-mêmes une formation.

 

États-Unis (ONG – World Organization for Resource Development and Education [WORDE])

« Formation aux compétences culturelles » — Ce programme forme les décideurs politiques et les forces de l’ordre aux communautés musulmanes aux États-Unis afin de renforcer les valeurs communes et de mettre l’accent sur leurs sensibilités culturelles et coutumières.

 

Région de la Corne de l’Afrique, Union européenne

« Strengthening Resilience to Violence and Extremism (SAVE) Horn of Africa » – Ce projet vise à renforcer la résilience face à l’extrémisme violent au Kenya, en Somalie et en Éthiopie, notamment au sein de la diaspora somalienne née en Europe et chez les jeunes Kényans. En Somalie, cela passe notamment par la promotion de l’implication de la diaspora dans des activités culturelles et éducatives et par la promotion des discours modérés lors de débats de groupe. Au Kenya, cela passe par l’éducation par les pairs, le dialogue interconfessionnel et l’adhésion à des groupes de jeunes, parmi d’autres activités.

 

Sports, arts et initiatives culturelles

  • Animer des conférences et discussions entre les étudiants et des sportifs ou artistes populaires choisis comme modèles pour encourager les actions non violentes.
  • Renforcer les connaissances acquises dans un cadre éducatif formel grâce à des programmes périscolaires bien définis autour du sport et des arts.

Les initiatives en cours sont les suivantes :

Afghanistan (Privé – Sayara Strategies)

« Clubs de cricket provinciaux » — Le cricket étant un sport populaire en Afghanistan, les clubs offrent la possibilité de faire passer des messages dans trois domaines. Tout d’abord, les joueurs de cricket sont souvent eux-mêmes issus de communautés à risque, et des équipes de sport bien composées avec des entraîneurs efficaces peuvent détourner ces individus de l’extrémisme violent. Ensuite, les joueurs sont formés à délivrer un discours aux spectateurs durant les interviews avant et après les matches. Enfin, la diffusion d’activités sportives en direct représente l’occasion de faire passer des messages positifs et non violents.

 

Colombie : (ministère des Affaires étrangères – diplomatie culturelle, éducative et sportive)

Le ministère des Affaires étrangères a conçu un programme d’échanges sportifs et culturels pour promouvoir l’inclusion sociale, la coexistence pacifique et le dialogue interculturel dans les municipalités où il existe un risque de recrutement de mineurs par des groupes armés. Pendant les échanges, les enfants et les jeunes participent à des expériences d’inclusion sociale, des programmes de construction de la paix et de dialogue interculturel via les sports et la culture. Ils rencontrent également les leaders et représentants de certains domaines et se forment ou interagissent avec des équipes ou groupes similaires.

 

Danemark (Fondation – Sjakket/L’équipe)

« Centres communautaires » — Cette organisation passe par des activités sportives et sanitaires pour lutter contre le décrochage scolaire des migrants et des jeunes défavorisés de Copenhague et s’appuie sur « l’inclusion par la confiance ». Les activités sont menées dans un centre pour jeunes situé dans une zone vulnérable à la radicalisation et au recrutement.

 

Kenya (ONG – Youth Arts, Development & Entrepreneurship Network [YADEN])

« Edu-ART and ART-preneurship » — Ces programmes utilisent les arts pour surmonter les difficultés de développement en Afrique de l’Est. Dans le programme Edu-ART, les individus participent à des représentations théâtrales et autres compétitions sportives pour répondre aux défis qui se présentent à l’échelle locale, parmi lesquels l’extrémisme violent. Dans le programme ART-preneurship, les participants acquièrent des compétences artistiques pour en faire des outils professionnels de développement et de progression dans les régions où le chômage favorise la radicalisation et le recrutement.

 

Jordanie et Tadjikistan (Éducation supérieure – Université d’État de Ball)

« SportsUnited Program » — Ce programme développe des cursus basés sur les valeurs qui sont ensuite mis en place en Jordanie et au Tadjikistan. Il utilise les clubs de sport amateurs pour cibler les jeunes vulnérables.

Ce modèle s’appuie sur un style de formation basé sur la recherche qui encourage la collaboration et le fair-play, et qui améliore les chances des individus de se développer psychologiquement et de mûrir.aturity.

 

Nigéria (ONG – AIESEC [Association internationale des étudiants en sciences économiques et commerciales])

« Projet Worldview » — Ce programme a été mis en oeuvre pour améliorer la sensibilité interculturelle et faciliter le dialogue entre les jeunes au Nigéria, au Bénin et au Gabon. Ce programme éducatif de 8 semaines vise à responsabiliser les jeunes leaders à travers des expériences et dialogues interculturels, interreligieux, intertribaux et internationaux.

 

Pologne (ONG – Stowarzyszenie Nigdy Więcej/Association « Plus jamais »)

« Jetons le racisme hors des stades » et « De la musique contre le racisme » — Ces programmes de lutte contre l’extrémisme et l’idéologie nazie utilisent le sport et la musique pour contrer les rhétoriques nazies et racistes.

 

États-Unis (Fondation – The Sanneh Foundation)

« Camp d’été » — Destiné au départ aux jeunes de Minneapolis, au Minnesota, ce camp sportif intéresse les jeunes de la communauté somalienne, et a aidé à développer des opportunités de leadership, de travail d’équipe, de collaboration et d’inclusion sociale dans des domaines où les migrants ont du mal à intégrer la culture des États-Unis et où ils ont parfois recours à l’extrémisme violent.

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