D. Sécurité et Services de Renseignement

Recommandation 12

Utiliser toutes les sources légales pour collecter des informations sur ce qui se passe dans les établissements pénitentiaires, afin d'identifier la radicalisation potentielle de l'extrémisme violent en prison.

Le renseignement est un facteur clé pour la gestion des prisons. Une gestion efficace des délinquants demande le partage collaboratif des renseignements tout au long de leur détention (avant le procès, après la condamnation et avant la libération). La capacité de collecter, évaluer, comparer, analyser et diffuser les informations liées aux auteurs des délits est fondamentale pour une gestion en sécurité des établissements pénitentiaires, mais aussi pour la prévention de la radicalisation de l'extrémisme violent. Les systèmes de renseignement de la prison aident la sécurité, assistent les procédures d’admission, l'évaluation et la classification et fournissent des informations pour les interventions et les mesures de réhabilitation. Des informations détaillées aident aussi la direction de l'établissement dans la prise de décisions stratégiques solides par rapport au placement du détenu, l'allocation des ressources du personnel et le financement pour affronter des questions de sécurité, y inclue la prévention de la radicalisation des membres de la population carcérale.

Comme pour la plupart des éléments des opérations pénitentiaires, comment les officiers collectent et utilisent le renseignement dépend d'une série de facteurs, comme le cadre juridique, les cultures et les ressources. Les systèmes pénitentiaires devraient disposer d'une unité centrale de collecte d'informations, qui fournit à la direction de la prison des informations détaillées et ponctuelles sur les activités de radicalisation et améliore les protocoles de sécurité de la prison. La meilleure façon de réaliser ce point est d’observer, documenter et traiter le comportement des auteurs des délits. Des rapports écrits réguliers sur chaque détenu sont utiles pour maintenir une attention personnalisée et cohérente.

Ceci est fondamental pour s'assurer que les renseignements soient utilisés, analysés et partagés, puisque les renseignements et les opérations doivent être complètement intégrés. Une manière pour s'assurer que les renseignements soient utilisés correctement est de maintenir une base de données des renseignements. Les officiers doivent comprendre comment impliquer les parties concernées à l'intérieur de la prison pour collecter et rapporter les informations. Un aspect fondamental pour obtenir des informations des détenus est celui d'avoir un personnel agréable et de connaître les mécanismes de signalement, y inclus la protection des informateurs.

Le partage d'informations international parmi les agences et les gouvernements est fondamental. Les autorités des établissements pénitentiaires doivent coopérer avec les agences d'application de la loi, les procureurs et d'autres agences de sécurité qui luttent contre l'extrémisme, de manière à éviter un chevauchement d'efforts. Les officiers du milieu correctionnel doivent savoir comment les informations seront utilisées. Ils doivent élaborer des protocoles et des procédures appropriées à appliquer pour partager les informations à l'intérieur et à l'extérieur. Afin de faciliter le partage d'informations dans tous les secteurs de sécurité publique, ces protocoles doivent être réciproques. Si des agences externes sont impliquées dans la collecte de renseignements dans le système pénitentiaire, les efforts doivent être coordonnés avec les officiers de manière à éviter de perturber la gestion de la prison ou les interventions en cours. Les structures de correction sont des sources précieuses de renseignements pertinents à la justice pénale et à la sécurité nationale, donc il faut avoir des flux d'informations aussi bien en entrée qu'en sortie.

 

Recommandation 13

Contrôler toutes les formes de communication afin de détecter toute radicalisation, activité ou programme liés à l’extrémisme violent.

Les officiers de correction doivent essayer de surveiller et contrôler les communications, y inclus les appels téléphoniques, la correspondance (électronique et postale) et la communication personnelle, dans la mesure permise par la loi. Ceci peut aider à identifier la radicalisation, les activités ou les programmes extrémistes. Les officiers pénitentiaires devraient garantir que les détenus n'aient pas d'accès non contrôlé aux dispositifs de communication, y inclus les téléphones portables et les ordinateurs. Il faut surveiller aussi les communications parmi les détenus, dans la mesure permise par la loi. Il est important que les officiers déterminent les contrôles appropriés sur les communications, proportionnellement à la classification du détenu. En plus, les contrôles doivent être objectifs et transparents. Un point clé à considérer pour déterminer comment surveiller les communications est la réalisation d'un équilibre entre les questions de sécurité et le besoin du détenu de garder les liens avec sa famille et sa communauté, ainsi que la gestion responsable des questions potentielles liées au secret professionnel des avocats.